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mardi 20 mars 2012

La Chine profonde et le Yunnan

Depuis le début de ce voyage, nous avions envie de découvrir la Chine de l’Ouest, celle qui n’est pas encore aussi ouverte économiquement que l’Est et qui pourrait nous refléter au mieux la Chine traditionnelle. Au fil des lectures c’est finalement dans la région du Yunnan que nous avons prévu de passer nos derniers jours en Chine, avec un rythme plutôt tranquille qui nous permettrait de rejoindre le Vietnam par voie terrestre (sans oublier de faire le visa, hein!)

Contrairement à l’Ouest, où nous avions été impressionnées par la densité du réseau ferré, dans le Yunnan, le bus prend le relais, ce qui nous permet de mieux profiter des paysages et de traverser les petits villages de la région. Autre détail non négligeable, en arrivant dans le Yunnan on a enfin pu enlever nos collants et sous-pulls, le trajet était tellement long (48h) qu’on a du se changer en cours de route dans la gare routière entre notre dernier train et notre premier bus pour s’adapter au changement de climat. Notre premier aperçu du Yunnan depuis le bus dévoile une multitude de petits villages très coquets: maisons blanches aux belles toitures grises, et surtout des peintures murales sur chacune qui semblent toutes être liées au symbole du village: fleurs, soleil et même... dinosaure!






Lijiang

Notre première étape a été Lijiang. L’arrivée: 48h de voyage dans les pattes, pas de plan, une auberge réservée par téléphone 2 heures plus tôt, il est 23h. Aucun taxi ne veut nous emmener à bon port (on a compris plus tard que le centre historique était piéton) et nous nous retrouvons à errer avec nos sacs de 15kg sur le dos. Personne ne peut nous aider, il y a sois-disant tellement d’hôtels ici que même les commerçants s’y perdent, on nous conseille de prendre le premier venu mais on persiste, après 3/4 d’heure d’acharnement nous tombons par hasard sur notre auberge, vide, on est apparemment les seules à ne pas avoir abandonné! Le lendemain au réveil nous découvrons Lijiang: petits canaux, belles maisons en pierre, toits recourbés, rues piétonnes, tout est parfait... tellement parfait qu’on n’y croit plus vraiment, les maisons ne sont que des hôtels ou des boutiques, tout est fait pour le touriste, c’est trop propre, c’est pas la Chine! Et au détour d’un chemin (on avait tourné 3 fois on était déjà bien perdues...) nous sommes tombées sur l’immense marché où les restaurateurs de la ville s’approvisionnent, on y reconnait enfin la Chine et comme toujours sur les marchés, les couleurs sont époustouflantes.



Elles n'ont pas l'air mais elles sont tres bonnes! (il y a de l'air entre l'orange et sa peau)



C’est là qu’on a passé l’après-midi, et vous pourrez voir sur les photos la magnifique acquisition de Scarlett, chinese fashion oblige, Mélanie étant plus préoccupée par le rayon gâteaux.
Gateaux a la pate de riz







 
Dali

A Dali, plus au Sud, on nous attendait déjà. Eh oui, même au fond du fin fond de la Chine, on a des contacts, et pas n’importe lesquels! Nathalie, dont on sponsorise le blog dans la colonne de droite avec une mention spéciale 3 étoiles (dedaliaberlin.blogspot.com) nous a reçues pendant 3 jours dans son super appart trop classe avec toilettes à l’européenne (comprendre pas des toilettes à la turque comme on trouve partout ici). Mais qui est Nathalie? Consultante, 29 ans et toutes ses dents, petit air malicieux, mais surtout passionnée de peinture. Elle a eu le courage et l’énergie de prendre un congé sabbatique de 6 mois lui permettant de vivre sa passion pour la peinture en s’initiant plus particulièrement à la peinture chinoise, avec un «maître». 


Quand nous sommes arrivées, elle faisait des arbres depuis 10 jours, dixit le maître, quand on maîtrise l’arbre on maîtrise tout. On s’est entraînées avec elle un soir mais Nathalie n’a pas voulu faire corriger nos arbres par le prof, elle avait trop honte, sympa!  Il faut dire que les chinois sont un peu stressés par la formes des feuilles et les nôtres n’étaient certainement pas assez rondes. C’est donc pour préserver la sensibilité cardiaque du maître que Nathalie... bref!

On s'initie a la peinture chinoise...

A part la calligraphie, lors de nos promenades dans la ville, nous avons croisé plusieurs français, pas mal de vieux roots en fait. Tout comme Kathmandu, Dali a eu ses années hippies mais le gouvernement chinois a eu raison de la drogue et ne persistent que de vagues baguis ridés. Le pompon a été la grande motivation de Scarlett qui, débout à 7 heures un matin, nous a préparé un mémorable petit déjeuner français, à base d’aliments chinois bien sur: muesli, pommes cannelle à la poêle, yaourt, pain grillé (mmmm), la challenge était de trouver tous les aliments au supermarché, malheureusement le sucre était difficile à mimer, et la farine de riz c’est pas terrible pour les pancakes.
 

 
Kunming

A Kunming, plus au Sud, on nous attendait déjà (remake). Cette fois-ci ce sont Lisa, Radi et leurs amis étudiants de l’ESC Montpellier en échange ici qui nous ont offert l’hospitalité. Selon leurs dires, la visite immanquable à Kunming est celle du Spa: une entrée valable pour 24 heures dans un espace dédié au repos, parfait pour le dimanche (ou les sorties de boites), un concept à exporter. Bien sur buffet illimité, chaises longues confortables (issimes), et surtout hammam, sauna et l’immanquable massage chinois, une technique ancienne à base d’étirements, de craquages de phalanges, etc... spécial! Merci pour les bonnes soirées qui nous ont remises dans le bain des soirées étudiantes, l’apéro était super, le vin chinois que nous avions choisi un peu moins...





Scarlett fait la sieste


La petite foret de pierre


Lisa, notre hote, et Scarlett






Et pour illustrer la gentillesse des chinois, c’est au départ de Kunming, alors que l’on laissait passer depuis une vingtaine de minutes des taxis pleins, que le chauffeur d’un bus d’entreprise a proposé de nous embarquer jusqu’à la gare, nous avons été l’attraction du trajt, séances photo incluses.

Paparazzis




Jianshui


On continue notre route vers la frontière vietnamienne en s’arrêtant à Jianshui, le temps agréable nous a fait aimer cette petite ville qui s’ouvre doucement au tourisme. Au bout d’une ruelle bordée de maisons colorées, nous découvrons cette petite place où nous aurions pu passer l’après-midi entière et où beaucoup de retraités ont l’air de passer leurs journées: jeux, chanteurs, danseurs, cireurs de chaussure, musiciens, vendeurs de tout et de rien, tranquille tranquille... Le chant des oiseaux en cage donnait une athmosphère très poétique à cette petite place.






Tous petits pieds...



Les conducs!


Yuanyang

Dernière étape avant le Vietnam: Yuanyang et ses rizières à étage. Les photos parlent d’elles-même, les paysages sont fantastiques. De notre guesthouse surplombant la vallée, une petite bière après la balade dans les rizières a clôt bien agréablement notre long séjour en Chine.


























De l’est à l’ouest de la Chine : Trajet de Pekin à Chengdu

Pingyao
Même s’il est bien agréable de se déplacer en métro, après deux semaines de grandes villes nous rêvions d’une ville assez petite pour qu’on puisse la parcourir à pied.
Avec Pingyao, le guide du routard nous avait promis une petite bourgade mignonette. Et nous n’avons pas été déçues !

Pingyao est une ville très ancienne (2700 ans) qui a été le centre financier de la Chine pendant 150 ans jusqu’au début du XXème siècle. Ce sont les commerçants de Pingyao qui, parait-il, ont inventé le système bancaire.

Scarlett teste le systeme bancaire de l'époque!

Bien entendu Pingyao ne se résume pas seulement à un centre historique, la plus grosse partie est en dehors des murailles et moderne avec des bâtiments sans attrait. A l’intérieur des murailles, l’architecture est très uniforme, de part les formes et les matériaux utilisés.

 
Pingyao de nuit

Quelques rues sont archi touristiques, avec des bâtiments rénovés et des boutiques, des hôtels, mais dès qu’on s’écarte les maisons sont beaucoup plus abîmées et on observe une vraie vie de village.
Exemple : on a voulu expérimenter pour Mélanie et son mal de gorge la médecine chinoise... Après 20 mn de gesticulations pour faire comprendre qu’on cherchait une pharmacie, nous nous sommes faites conduire dans une arrière cour puis une petite pièce avec comptoir et grandes armoires en bois.

La pharmacie aux 1000 tiroirs

A ce moment là, on a bien cru que le médecin allait nous sortir des herbes et des bonbons ou nous proposer de l’acupuncture. Le charmant vieux monsieur est revenu de son arrière boutique avec deux jolies boites neuves de comprimés sortis tout juste de la nouvelle usine Biomérieux Shanghai (ou équivalent). 3000 ans de médecine chinoise résumés en cette boite.
Bon, ne jasons pas trop, Mélanie est guérie ! :)

Le lendemain, c’est au tour de Scarlett d’être malade. Nous avons survécu à 2 mois de repas dans des gargottes de rue, en Inde au Népal en Chine, dont certains à l’hygiène vraiment toute relative. Nous avons testé des mets aux ingrédients improbables (ex : les “oeufs de 100 ans“). Mais non. Il a fallu attendre le jour où nous nous sommes préparé notre repas nous même dans la cuisine de l’auberge. La honte. Promis on recommencera pas.

Quand on fait la cuisine, voila ce que ca donne!


De Pingyao notre objectif était de rejoindre la région du Yunnan située tout au sud ouest de la Chine. Nous avons effectué ce trajet en train en plusieurs étapes, en s’arrêtant au passage dans deux très grosses villes : Xian et Chengdu.

Moufflettes pour scooters

Les affiches de Mao sont encore en vente...

Les rues de Pingyao




Xian

Nous sommes restées seulement quelques heures à Xian entre deux trains, juste le temps de visiter la mosquée et de prendre un thé dans la “maison des arts chinois”.
Prendre un thé en Chine est une véritable cérémonie. C’est un peu comme notre dégustation de vin : on observe, on sent, on goûte. Seule différence : après quelques verres de vin on chante généralement un peu plus fort qu’après quelques tasses de thé. Notre préféré : le thé au jasmin.
Le palais des thés... 

... et ses impératrices


Dans cette même maison, nous avons aussi assisté à un spectacle très poêtique de marionettes traditionnelles, par contre nous sommes arrivées trop tard pour le cours de calligraphie. Dommage !
La mosquée de Xian est magnifique. C’est l’une des plus importantes de Chine. A première vue, elle ressemble à un temple chinois. Mais en y regardant de plus près, on réalise qu’il y a bien là un véritable mélange des styles : les ornementations (arabesques, écritures) sont de type arabe, sur une base architecturale chinoise.

Xian/Chengdu est le second trajet en train de nuit que nous effectuons sur des “hard seats”.
Franchement on n’est pas des chochottes, mais si vous voulez vous reposer, on ne conseille pas !
 



Chengdu
Chengdu, 5 millions d’habitants intramuros, pas de métro. Pas super pratique quand on n’a que 24 heures pour visiter la ville. Du coup on n’a pas trop aimé.
Et vu qu’on ne pouvait pas se déplacer :) on a trouvé tout près de notre auberge un resto à fondue sichuanaise.
Le mot qu’on aurait bien aimé avoir connu à l’époque : Bu ladé ! (pas trop épicé)


La fondue Sichuanaise


La fondue sichuanaise :
Step 1 : comme c’est un resto “un peu bien”, à peine rentrées dans la salle 5 personnes nous aident à choisir notre table. Elles sont carrées avec un trou au milieu pour mettre le bain de fondue. Sous la table, un poële pour conserver la chaleur et choisir la température de la fondue.
Step 2 : après avoir posé nos manteaux, sacs et portables sur les bancs et la table, des employés viennent recouvrir nos affaires de film plastique ou de tissu. ??? Mais qu’est ce qui va nous arriver ?!
Step 3 : on commade un type de bain d’huile et on n’oublie pas de préciser (pour la prochaine fois) : ... Alors ?! ... Bu ladé ! C’est bien vous suivez. C’est aussi le moment de choisir les types d’aliments qu’on veut plonger dans la fondue : viandes, poissons, légumes.
Step 4 : Effectivement, on s’en met partout. Il faut imaginer le bain d’huile piquante bouillonnant, et nous à la pêche au soja avec nos baguettes.
Step 5 : on médite sur la phrase de Lavoisier “rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme”, en recherchant vainement un bout de poulet qu’on est certaine d’avoir laissé cuire dans le bain il y a 5 mn. A moins que...Mélanie ?!

Le soir, nous avons assisté à un spectacle d’art chinois, notamment des scenettes d’opéra. C’est assez spécial, mais une chose est unanime : les costumes sont splendides.




Pour ce qui est du skecth, cela avait beau être en chinois on a bien compris qu’il s’agissait d’une scêne de ménage avec Monsieur qui rentrait d’une soirée bien arrosée. Mention spéciale pour le show d’ombres chinoises.

Merci Chengdu pour ce bel intermède, nous partons maintenant pour la région du Yunnan qui nous promet de belles découvertes.

Le lait a la cacauette, mmm... étrange... 

Demonter un échaffaudage quand on est dessus, tout un art! 

Un peu de calligraphie